L'Histoire de l'école

La découverte dans un grenier de l'école, lors des travaux de surélévation en 1989, d'une photographie (assez mauvaise) sur laquelle on pouvait lire :

Flavien Esquirol Maire de Labège. Fondateur des Soeurs

a motivé la recherche de la relation entre ce monsieur Esquirol et l'école, qui justifiait la présence de cette photographie dans le bâtiment.

1873-1886

Les archives de la Mairie indiquent que monsieur Esquirol a été élu Maire en 1873 et était décédé, en cours de mandat, le 22 août 1875. Aucune délibération du Conseil Municipal ne fait allusion, à l'époque, à l'école libre.

Dans les archives de la paroisse, il apparaît que le village disposait, en 1873, d'une école communale mixte (garçons et filles) dont la salle de classe occupait le rez-de-chaussée de la Mairie. Certains parents ayant manifesté le désir de voir ouvrir une école distincte pour les filles, le Maire, monsieur Esquirol, estima que les ressources de la commune ne permettaient pas l'entretien de deux écoles. Cependant, doté d'une solide fortune, sans descendant et d'un naturel très généreux, monsieur Esquirol décida de faire, à titre personnel, ce qu'il ne pouvait faire en tant que maire. Il affecta donc une somme de 20 000 frs (somme considérable pour l'époque) prélevée sur son patrimoine, à la réalisation et à l'entretien d'une école chrétienne.

Le décès prématuré de monsieur Esquirol ne lui permit pas de réaliser son voeu, mais son testament comportait les dispositions nécessaires pour que ses héritiers (la famille Tournamille) soient obligés de poursuivre son projet. En fait, le 5 juillet 1880, en l'étude de maître Roques, notaire à Castanet, la succession procédait à l'achat, au nom du chanoine Tournamille, d'une maison et d'un terrain appartenant à M. Benazet, pour la somme de 4 000 frs (plus 300 frs de frais). La maison et terrain devant être réservés à l'installation d'une école. Le reliquat du capital fut alors placé à 4%. En 1886, alors que l'on procédait, juste à côté, à la construction de l'église, le Chanoine jugea enfin venu le moment de réaliser le voeu de son oncle.

1886-1903

L'entreprise travaillant à l'église assura, pour 5000 Frs, les transformations nécessaires à l'école et un achat de 1500 frs de mobilier scolaire permit de la meubler. L'Evêché, ayant accepté l'ouverture de l'école, désigna deux religieuses enseignantes, dont l'entretien devait être assuré par la famille Tournamille, sur les revenus du reliquat du capital de 20 000 frs, légué par monsieur Esquirol.

Le 6 octobre 1886, débarquèrent, ainsi, à Labège, par le train de 7 heures, les soeurs Damascène et Eléonore, de la congrégation de la Sainte Famille des Minimes de Toulouse, accompagnées d'une Mère Assistante. Toutes trois se rendirent au château Esquirol-Tournamille, situé sur la place du village, en attendant la cérémonie d'ouverture, pour 10 heures. A l'heure dite, une procession (composée des enfants portant la bannière de la Sainte Enfance, des filles de la congrégation des Enfants de Marie avec leur bannière, du Clergé paroissial) se formait et allait chercher, au château, les soeurs et la famille Tournamille pour procéder à leur installation. On se rendit à l'école au chant d'une cantate composée pour l'occasion. Monsieur l'abbé Xavier Delpech, curé archiprêtre de la cathédrale de Toulouse, célébrait une messe, sur un autel dressé pour la circonstance. Après la messe, eut lieu la bénédiction des locaux par le célébrant accompagné du chanoine Tournamille et du doyen de Castanet. Puis, une dénommée Philippine Audouy récita un compliment aux soeurs et leur offrit, au nom de ses compagnes, un magnifique bouquet de fleurs cueillies sur la propriété de M. Toulza (Bolé). Les travaux d'aménagement du réfectoire n'étant pas achevés, les soeurs durent prendre leur repas au presbytère. Les autres invités furent reçus au château par le chanoine Tournamille et la famille de Viguerie, les soeurs de Sainte Agne et de Pouvourville assistaient à la cérémonie.

Quoique la déclaration d'ouverture de la classe ait été faite en temps légal, il plut à l'administration départementale de ne permettre le début des classes que le 25 octobre. La classe comptait alors 17 élèves, puis 25 le 1er novembre et 33 en décembre. En 1891, le curé d'Escalquens demanda l'inscription des filles de sa paroisse et s'engagea à verser la somme annuelle de 300 frs pour l'entretien d'une troisième maîtresse. Le nombre d'élèves augmentant, une nouvelle classe fut construite en 1893, mais un nouveau curé étant arrivé à Escalquens, il décida sans préavis de ne plus verser les 300 frs de la troisième institutrice. Labège dut, seule, assumer ces frais jusqu'à la fin de l'année scolaire.

1903-1938

En 1903, survint la laïcisation de l'enseignement. Le 02 juillet arriva de la préfecture l'ordre de fermer définitivement l'école à la date du 28 juillet. La soeur Eléonore, qui avait succédé à la soeur Damascène, dans la direction de l'école, répondit à l'envoyé de la Préfecture qu'elle se soumettrait à la loi en ce qui concernait l'interdiction des congrégations enseignantes, mais que, pour l'école, elle aviserait. Le 28 juillet, elle affichait sur la porte des Soeurs donnant sur la façade de l'école : "COUVENT FERME" tandis que sur la porte de la cour des élèves, elle placardait : "RENTREE des CLASSES le 20 septembre". Effectivement, le 20 septembre, la soeur Eléonore et son adjointe, laïcisées, ouvraient leur école, tout naturellement. La soeur Eléonore était tout simplement devenue : Mademoiselle Marie Ortel, de son nom de jeune fille. Personne n'étant vraiment dupe, et la Préfecture risquant d'intervenir pour une fermeture effective, le curé décida d'envoyer la seconde religieuse à Cadours. Ainsi, seule, Marie Ortel, ne pouvait vraiment constituer une "congrégation enseignante", interdite par la loi. Des institutrices laïques furent désignées, par la suite, en tant qu'assistantes de la soeur Eléonore, dans un premier temps, puis "en titre". Le 15 septembre 1929, Soeur Eléonore célébrait, dans le cadre d'une cérémonie ressemblant à celle de son arrivée à Labège, ses noces d'or (c'est-à-dire 54 ans de vie religieuse dont 43 passées à Labège !). Le 17 octobre 1938, décédait celle que tant de générations d'enfants de Labège avaient aimée et redoutée!

1938-2009

Après elle, soeur Jeanne Gabriel (Melle Jeanne Sutra) transmit à une institutrice laïque, Melle Louise Seguelas, la direction de l'école qu'elle dut quitter au bout de trois ans. Une demoiselle Rodiere marqua, aussi, beaucoup par sa personnalité, l'histoire de l"établissement. Puis vint, plus récemment, Mme Cuq, à la tête d'une école de 80 élèves. Quant à la famille Tournamille, des épreuves successives ne lui ont pas permis de poursuivre le voeu du généreux M. Esquirol en ce qui concerne l'entretien de l'école. La propriété même des bâtiments a fini par être réglée à l'avantage de l'enseignement libre du diocèse. Monsieur Serville, président de l'OGEC a en effet obtenu un jugement qui, basé sur le principe de la prescription trentenaire, décide d'attribuer à l'Association Diocésaine de l'Enseignement Libre, jusqu'ici seulement usufruitière des locaux, la pleine propriété de l'école dont les héritiers de M.Esquirol avaient complètement cessé de se préoccuper depuis plus de trente ans. Récemment, l'école a pris le nom de saint Dominique Savio. Elle comprend 5 classes (deux classes de maternelle et trois de primaire) sous la responsabilité d'enseignantes laïques.

2009...

La directrice actuelle, madame Cabrol, a succédé, depuis septembre 2009, à monsieur Jean-Philippe Lacaze, lui-même successeur de madame Geneviève Bardou .

En 2011, l'OGEC, sous la présidence de madame Veiller , transforme la grange attenante à l'école (et acheté par elle-même, en 2009) en cantine, dont l'absence se faisait cruellement sentir depuis des décennies .